Jean
Ferrat, de son vrai nom Jean Tenenbaum,
est un écrivain-parolier,
musicien-compositeur et
chanteur-interprète français, né le
26 décembre 1930 à Vaucresson
(Hauts-de-Seine) et mort
le 13 mars 2010 à Aubenas en
Ardèche.
Dernier de quatre enfants d'une
famille modeste qui s'installe à Versailles en
1935, il poursuit
ses études au collège Jules Ferry où il rencontre
François Chabbey
qui devient son ami d'enfance. Son
père est joaillier et sa mère fleuriste. Durant la guerre, son
père, Mnacha Tenenbaum, qui est juif , est déporté
par les nazis et meurt à
Auschwitz Jean
Ferrat a onze ans quand il le perd. Il est alors caché par des
militants communistes.
En 1956, il met en musique
Les yeux d'Elsa, poème de Louis Aragon dont il est un
admirateur. C'est André Claveau, alors en
vogue, qui interprète la chanson et apporte à Jean Ferrat un début
de notoriété. Il se produit au cabaret parisien La Colombe de
Michel
Valette, en première partie de
Guy
Béart.
En 1958, il sort chez Vogue
son premier 45 tours, mais ne
rencontre guère de succès. Une jeune chanteuse, Christine
Sèvres, reprend quelques-unes de ses
chansons. Il l'épouse en 1961. C'est la rencontre
en 1959
de Gérard Meys, qui devient
son éditeur et son ami, qui lance sa carrière. Il signe chez
Decca et, l'année suivante,
sort son second 45 tours avec la chanson
Ma Môme, son premier succès, et passe sur toutes les
ondes. En 1966, le succès étant venu pour Ferrat, Vogue réédite ce
45t sous le label Pop4, label à bon marché destiné à la grande
distribution de l'époque, comme Prisunic.
Sa rencontre avec
Alain
Goraguer, qui signe ses premiers arrangements
sous le pseudonyme de Milton Lewis, est décisive. Ce dernier
devient l'arrangeur attitré des chansons de Jean Ferrat.
Son premier 33
tours sort en 1961 et reçoit le prix de
la
SACEM. Commence alors sa
longue carrière, émaillée de difficultés avec la censure exercée par
les dirigeants de la radio et de la télévision[5]. En effet, Jean Ferrat a toujours
été un chanteur engagé à l'esprit libre. Il écrit ses propres
textes et met en musique ceux de ses amis poètes, Henri
Gougaud, Georges Coulonges
ou Guy Thomas (voir la section
discographie pour la suite).
En 1962, il fait la
connaissance d'Isabelle Aubret. Un
véritable coup de foudre amical a lieu entre les deux artistes.
Ferrat lui écrit Deux enfants au soleil, un des titres
majeurs de la chanteuse, et lui propose la première partie de la
tournée qu'il commence. Il compose une chanson sur des paroles
écrites par
Philippe Pauletto
qu'il publie en 1970, et qui sera ensuite
interprétée aussi par Isabelle Aubret :
Tout ce que j'aime.
Il a composé une chanson sur des
paroles de Michelle
Senlis pour Jacques
Boyer et
Jean-Louis Stain
au début des années 1960
et qui, réécrite partiellement dans
les années 1970, devient
Mon vieux, interprétée par Daniel
Guichard. Son succès n'a jamais
cessé.
Jean Ferrat habitait dans la
commune d'Antraigues-sur-Volane
(près de Vals-les-Bains) en
Ardèche, qui lui a
inspiré la chanson La montagne, enregistrée le
12 novembre 1964 à 9 heures du matin.
Il était marié à Christine Sèvres
(de son vrai nom : Jacqueline
Christine Boissonnet) morte en 1981 à l'âge de 50 ans. Ils ont
chanté en duo la chanson La Matinée.
il a finalement pris ses
distances avec Moscou. Dans la chanson Camarade, il
dénonce l'invasion russe de Prague en
1968. Opposé à l'orientation
pro-soviétique prise à l'issue du vingt-troisième congrès du Parti
communiste en 1979, il fustige dans la
chanson Le bilan, la déclaration de Georges
Marchais, secrétaire
général du PCF qui a évoqué en 1979 un
bilan globalement positif des régimes dits socialistes. Il
apporte néanmoins son soutien à Georges Marchais lors des
élections
présidentielles de 1981, expliquant quelques années
plus tard, dans la chanson Les cerisiers (1985), les
raisons pour lesquelles il est demeuré fidèle à la mouvance
communiste.
Il accuse le système commercial
qui fait passer les considérations financières avant l'art des
artistes créatifs. Publiant des lettres ouvertes aux différents
acteurs de la vie culturelle, présidents de chaînes, ministres, il
dénonce une programmation qui selon lui privilégie les chansons
« commerciales » plutôt que les créations musicales et
poétiques.
Il était membre du comité de
parrainage de la Coordination
française pour la Décennie internationale de la promotion d'une
culture de non-violence et de paix.
Jean Ferrat, dès ses débuts, oriente
son inspiration dans deux directions : l'engagement social (Il
est proche du PSU puis du
Parti communiste
français) et la poésie. Il « ne chante
pas pour passer le temps », déclare-t-il. Toujours, il cherche
à donner à ses chansons une signification militante derrière le
texte populaire. Ferrat a mis en musique de nombreux poèmes de
Louis Aragon.
Il évoque, à une époque où cela
est encore dérangeant, la déportation. Sa chanson est
déconseillée de passage sur les radios et la télévision,
mais le public suit, et l'album Nuit et brouillard
obtient le prix de l'Académie
Charles-Cros.
Il chante l'Ardèche, région chère à
son cœur et fait de cet hommage à la France paysanne un de
ses plus grands succès. Il s'installe à Antraigues-sur-Volane, qu'il ne
quittera plus, y devenant même plus tard conseiller
municipal.
Il a été proche des idées du
Parti communiste français mais jamais encarté et reste cependant
critique envers l'URSS, notamment lors
du printemps de
Prague. Avec son ami Georges
Coulonges, il y préfère la révolte des humbles,
des simples gens, encore une fois, il est interdit de
télévision.
Après un voyage à
Cuba qui le marque
profondément et d'où il rapporte ses célèbres moustaches
c'est Mai 68 et ses
événements qu'il vit intensément. Jean Ferrat retourne à
sa passion pour la poésie; il met en musique Louis
Aragon d'une façon magistrale.
Dans les années 1970, Jean
Ferrat se fait plus rare, chaque nouvel album est un véritable
événement et ses chansons sont commentées comme de véritables
prises de position intellectuelle. Il affectionne les chansons qui
font passer des messages forts tout en reposant sur un texte subtil
et imagé au point d’en devenir parfois
allégorique.
Durant ces années-là Ferrat
fustige les guerres coloniales dans Un air de liberté,
attaquant nommément Jean d'Ormesson,
éditorialiste au Figaro, et suscite encore la
polémique.
Un an après l'accession
de Valéry Giscard
d'Estaing à la Présidence de la
République, Ferrat, idole des Jeunesses
Communistes, se moque avec férocité des jeunes
militants du parti politique présidentiel, les Républicains
Indépendants. Il est encore une fois en phase avec
son temps, rappelant la proximité entre deux importants combats
révolutionnaires : la lutte sociale et la lutte
féministe en plein
essor.
Polygram rachète son
catalogue à la fin des années 1970. Désireux de ne pas dépendre de
la major, il entreprend de réenregistrer tous ses titres
et sort une compilation de 11 volumes en 1980. Le nouvel album
qu'il sort alors fait sensation et reflète le recul de plus en plus
grand qu'il prend vis-à-vis de l'URSS, ainsi que sa dénonciation
d'une certaine forme de communisme et en
particulier du stalinisme (
voir les paroles de la chanson Le bilan
(1980)
Albums :
Principaux 45 T EP